KOMOREBI
- thelittlecrocofest
- 12 déc. 2025
- 2 min de lecture
Joel Canady / Etats-Unis / 26 minutes
Synopsis
"Komorebi est un documentaire contemplatif qui mêle foi, nature et culture dans le Japon moderne. Spiritualité, science et tradition : on entrevoit le divin à la fois dans le calme de la forêt et dans la complexité de l'esprit."

Le terme Komorebi renvoie aux taches de soleil, à la lumière fragmentée que l’on perçoit au travers des frondaisons. Le film le dépeindra tout du long, d’abord concrètement par l’image, puis de plus en plus dans le discours lui-même, donnant l’agréable sensation d’un objet réfléchi, construit autour de son titre et écrit avec soin. À cet égard, la structure en parties fait mouche. La progression de chacune mènera à la suivante, avec fluidité et sans ennui — ce qui est toujours appréciable dans un projet qui s’annonce à la fois « documentaire » et « contemplatif » !
L’aspect esthétique frappe d’emblée. La photographie signée par Joel Canady est saisissante. Certains choix d’illustration sont attendus, parfois consensuels ; il n’empêche que l’exécution régale l’œil. Les musiques sont également bien choisies, variées et pourtant cohérentes. Le montage est peut-être le plus gros atout de ce film. C’est rythmé et malin, aussi bien à l’intérieur des séquences que dans les transitions ; connexions entre les images elles-mêmes, liens thématiques d’une partie à l’autre, Canady a tout soupesé pour un résultat du meilleur acabit.
On compte cinq réels chapitres, numérotés à l’écran. N°1 ouvre sur la religion (shintoïsme). N°2 passe du monde civilisé au sujet de la reconnexion à la nature. N°3 part des théorisations humaines (foi, science) pour ébaucher le Komorebi, avec un petit crochet via la méditation. N°4 se concentre sur la science avec les bénéfices de la nature sur l’organisme (l’accent étant bien sûr mis sur la forêt). N°5 donne des interprétations directes du Komorebi. Un N°6 intitulé « L’Epiphanie » vient faire office d’épilogue un peu étrange, car il sort du cadre du documentaire pour lorgner vers un narratif plus personnel ; on pourra toujours accepter l’aspect narcissique de l’anecdote finale grâce aux sublimes visuels qui l’accompagnent. Cette fin boucle la boucle : le discours général assume un petit côté clivant (l’inclusion de la religion/spiritualité dans une nature interprétée) pour un rendu doux et fascinant.

Conclusion
Un documentaire élégant et sophistiqué qui atteint chacun de ses buts.
C.A.
« Komorebi » est en sélection officielle de la troisième édition du Little Croco Festival, nommé dans la catégorie Documentaire.
Bande-annonce :



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